Le bel appartement

C’est un bel appartement, dans lequel je me sens très à l’aise. Il y a quelques meubles, mais il va falloir que j’aille chercher toutes mes affaires dans mon logement actuel qui n’est pas grand et que je suis content de quitter.

Je suis dans une voiture qui est, je crois, décapotable. Je roule dans un tunnel. D’autres voitures roulent dans le sens opposé. Ma route à moi est balisée. Des barrières souples maintiennent automatiquement ma voiture dans la bonne direction. Il y a une sortie que je dois prendre, mais je la manque. Et je me retrouve, au bout de quelques temps, dans un village dont les rues ne sont pas goudronnées. Une voiture, garée sur la gauche, gêne un peu le passage. Mais c’est une femme, rangée sur le côté de cette voiture, qui m’empêche de passer. Elle me tourne le dos et marche lentement. Arrivée devant cette voiture, elle se tourne vers moi et je m’aperçois, alors, qu’elle est aveugle.

Je suis finalement arrivé dans mon immeuble. Il n’y a pas hall, mais une grande allée couverte de plantes de toutes sortes sur les murs et des gens qui déambulent comme ils le feraient dans un centre commercial.

Puis je suis dans un tunnel qui doit faire partie de l’immeuble. Il est large et profond et manifestement, il est en construction car quelques blocs de pierre jonchent le sol. Un groupe de gens est assemblé et regarde un écran sur lequel j’apparais accompagné d’une autre personne. Ces gens semblent ravis car, sans doute, est-ce un exploit que nous avons réalisé. Mais il reste encore beaucoup de travail. Je suis content de me voir sur cet écran et je me trouve plutôt pas mal, mieux que ce que je pensais.

Une maison dans la forêt

Une maison dans la forêt. Un peu plus bas un cour d’eau. Il faut descendre pour gagner la rive. La maison est faite de bois de boue et de pierre. Des herbes folles poussent devant le perron. Un homme emprunte les marches qui le conduisent jusqu’à l’entrée. Il pousse la porte. La pièce est vide. Il s’assoit se recroqueville sur lui-même. Il fait un peu froid. Une lourde tâche l’attend. Il tourne la tête et aperçoit une tâche sur le mur. Le mur est en bois. On voit le bois on voit la boue mais on ne voit pas la pierre. La tâche semble s’agrandir. Elle est bleue ou rouge. Il vient d’allumer. C’est le soir. Presque la nuit. Le cours d’eau disparaît, devient invisible. La pente qui permet d’y accéder est plus raide la nuit que le jour. Un filet de lumière filtre à travers la cloison. L’homme se met à écrire. C’est une lourde tâche. Ligne après ligne il trace un mince fil fait de pattes de mouche quasi illisibles. Lui seul sait de quoi il s’agit. Une lettre après l’autre puis deux puis trois. Des mots se forment. Ils ne sont pas toujours compréhensibles même pour lui. Il remonte un peu la lumière. La chaise craque sous l’effort. L’homme va ouvrir la porte.

Une forme se dresse devant lui tenant une lanterne qui remue dans le vent qui se lève. La voix est rauque. Il reste silencieux. Elle entre, pénètre dans une autre pièce. Au plafond un oiseau la regarde. Il a le bec crochu. Ses yeux sont verts ou jaunes. Les murs tremblent. La forme se confond avec la nuit de la pièce. Elle va se tasser dans un angle. Les murs tremblent de plus en plus fort. L’homme boit un verre d’alcool. Il continue d’écrire. Dehors il y a de la musique. Des sons de cloches des tambours. L’homme regarde la tâche sur le mur. Dans l’autre pièce, la forme s’est allongée sur le sol. Ses ongles grattent les lattes cherchant une faille un interstice. De l’eau coule à ses pieds. Sans doute va-t-elle se répandre dans toute la pièce. Il fait de plus en plus froid mais son visage est en sueur. L’oiseau vole en décrivant des cercles. Il descend vers le sol puis monte très haut et disparaît. La forme ouvre la fenêtre. Elle appelle l’oiseau qui ne l’entend pas et poursuit sa course vers le sommet du ciel. L’homme a tourné les pages. Il a trempé sa plume à plusieurs reprises. L’encre met du temps à sécher. La pièce n’est pas tout à fait vide. Sur la table des livres. Il ne peut pas en faire grand-chose. Le sommeil le prend. La journée a été longue. Le vent fait craquer les marches qui mènent au perron. La forme détache ses cheveux qui tombent jusqu’au sol. Elle arrache les lames du parquet pour en faire une chaise. En réalité elle ne fait rien les choses se font d’elles-mêmes. Une chaise une table un lit. Le sol devient mouvant. Il bouge comme une mer. Les vagues lèchent les murs. De vieux marins fument la pipe. Le sel devient sable et de lointains naufragés refont surface.

Joseph Campbell

Joseph Campbell était un mythologue, philosophe et écrivain américain. Il a inspiré de nombreux scénaristes, dont Mark Frost.

J’aime la mythologie car elle nous inspire. Tout comme les textes dit sacrés. Parce que nous aimons les histoires et parce que nous avons besoin de chercher, de comprendre, de nous élever au-dessus de notre condition de mortel. Mais certains d’entre nous prennent ces histoires pour argent comptant. Ils en font leur cheval de bataille. Ils sont convaincus d’être dans le vrai et que ceux qui ne pensent pas comme eux sont dans l’erreur et qu’il faut les détruire. C’est en cela que je pense que les religions sont nocives. Parce que trop de gens les tiennent pour des vérités absolues.

Mes découvertes récentes me font ajouter ceci : Les religions ne sont pas forcément nocives, c’est leur interprétation qui peut l’être. Le problèmes étant que beaucoup de textes dit sacrés sont des sortes d’énigmes qui doivent être interprétés pour être compris.

Ma bonne ville

Je suis dans ma bonne ville de A… J’y suis allé en voiture, ce que j’ai fait dans la vraie vie. Ce que je vois de la ville ressemble à peu près à la réalité. Je me gare à un endroit et je cherche une borne pour prendre un ticket de stationnement. Même dans les rêves, il faut payer. Mais je ne cherche pas vraiment, je me balade. Puis je réalise qu’il faut que je retrouve ma voiture. Mais voilà, je ne la retrouve pas. Je la cherche partout, je ne la vois nulle part. Et cela me stresse, m’angoisse. Et je suis triste, et même malheureux et je me mets à pleurer comme un veau. Cela ressemble plutôt à une sorte de crise de nerfs. Il y a des gens partout qui m’empêche de passer. Je crois qu’il fait très chaud, mais je n’en suis pas sûr. Peut-être fait-il froid.

Le monde merveilleux de l’édition

Dimanche. Dehors, un oiseau chante un chant un peu étrange et une cloche n’arrête pas de tinter et ça me saoule un peu. Je ne suis pas chrétien et je préfère la religion de la nature à celle des hommes, elle fait moins de dégâts.

Pour continuer dans la série des connasses et des connards. En l’occurrence, il y a davantage de connards que de connasses, en voici une belle brochette avec, par ordre d’apparition ou pas, Bernard Pivot, le connard en chef, ce fils de pute de Gabriel Matzneff et un autre fils de pute, j’ai nommé Philippe Sollers qui a toujours eu tendance à se la péter un peu, on se demande bien pourquoi. Inutile de dire que ces tristes sires et ceux qui les accompagnent finiront dans la poubelle de l’histoire.

D’ailleurs ne pourrait-on pas les traîner devant un tribunal pour avoir fait l’apologie de la pédophilie.

Il est vrai que l’édition est un milieu pourri, c’est la première chose que ma chef de service m’a dit quand je suis entré chez Gallimard. Gallimard qui, en son temps, à publier… Gabriel Matzneff. En même temps, faut les comprendre. Les éditeurs reçoivent tellement de manuscrits, qu’ils n’ont pas le temps de les lire. Et puis chacun son boulot. Les éditeurs publient des livres et les acheteurs les lisent et non l’inverse, faudrait voir à pas tout mélanger non plus. Evidemment, Gallimard a un peu regretter d’avoir publié les saloperies de cet enfoiré… ce criminel… de Gabriel Matzneff et il a promis qu’il ne recommencerait plus. Croix de bois, croix de fer. C’est bien la preuve, en tout cas, que les éditeurs ne lisent jamais les livres qu’ils publient.

Voici donc, pour votre plus grand plaisir, j’en suis sûr, une belle brochette de connards, et de connasses qui, à défaut d’aller brûler en enfer, finiront comme des merdes. C’est en tout cas tout le bien que je leur souhaite.

C’est à vomir, non ? Heureusement qu’une femme est là pour réagir, Denise Bombardier. Merci et bravo, Madame.

Vous le savez sûrement, mais je précise, à toutes fins utiles, qu’à l’époque où ces images ont été diffusées, la pédophilie était punie par la loi… Eh oui !

Connasses et connards

Aujourd’hui, nous sommes samedi. En fin de journée, je vais sortir pour aller m’acheter à bouffer pour ce soir et pour demain. Je vais sortir parce que j’y suis obligé. Et ça me gonfle. Parce que j’en ai marre de croiser des connasses et des connards qui me viennent dessus sans faire attention parce que, ça y est, on est déconfiné et ça veut dire que la vie est belle et qu’on peut faire comme avant. Parce qu’ils doivent penser que le virus a mystérieusement disparu. Et il y a aussi les grosses connasses et les gros connards, encore plus cons que les autres et qui marchent les yeux rivés sur leur putain de téléphone portable comme si leur vie en dépendait.

Sont-ils les seuls, et les seules ? Non. Vous avez aussi les connasses et les connards de l’académie française qui nous ont fait remarquer qu’il ne faut pas dire LE covid, mais LA covid. Ces connasses et ces connards – qui ont la prétention de nous apprendre à parler, c’est vous dire à quel point ils et elles se font chier dans leur petite vie bourgeoise de merde pour discuter de comment il faut s’y prendre pour enculer les mouches – on devrait les prendre par la main pour les conduire dans un hôpital et leur dire : Vous voyez cette personne qui est couchée dans un lit avec des tubes dans la bouche et qui est en train de mourir ? Dites lui bien que ce n’est pas LE covid qui est en train de la tuer, mais LA covid, ça va sûrement la rassurer et elle pourra mourir tranquille dans le respect de la langue française, si tant est que ce mot soit d’origine française.

Rédigé hier samedi 16 mai.

Mark Frost

Campbell says that we have, basically, two choices in how to exist in today’s world : you can live by through and for the financial… or the mythic. I believe that the work of genuine masterful storytellers can help keep us on the second path. Among the many things you might find along that way may include a sense of meaning in life, deeper compassion and connection, maybe even something like enlightenment.

If you MUST write, work with that idea. Hold onto it through storms and strife. Lash yourself to its mast. You’ll come through it, and what you’ve gained for the effort will bestow its own reward.

Campbell dit que nous avons, essentiellement, deux choix dans la façon d’exister dans le monde d’aujourd’hui : vous pouvez vivre à travers et pour le financier… ou le mythique. Je crois que le travail des véritables conteurs peut nous aider à rester sur la deuxième voie. Parmi les nombreuses choses que vous pourriez trouver le long de cette voie peut inclure un sens de la vie, une compassion plus profonde et la connexion, peut-être même quelque chose comme l’illumination.

Si vous DEVEZ écrire, travaillez avec cette idée. Accrochez-vous à elle à travers les tempêtes et les conflits. Accrochez-vous à son mât. Vous y arriverez, et ce que vous aurez gagné grâce à cet effort vous donnera sa propre récompense.

(Traduction Reverso, pas vraiment mieux que Google.)

Texte issu du Blog de Mark Frost

Mark Forst est le co-auteur, avec David Lynch, de la série Twin Peaks. Son père Warren Frost était comédien (il est décédé en 2017). Il interprète le rôle du médecin, William Hayward, père de Donna Hayward (Lara Flynn Boyle), la meilleure amie de Laura Palmer (Sheryl Lee).

Cathédrale, garage et déplacements

C’est l’histoire d’une cathédrale qui a été restaurée. Cette restauration a eu lieu en Allemagne. Elle a donc été envoyée là-bas, dans ce pays. Et à présent, elle revient prendre sa place initiale. Elle se déplace sur un rail à travers les rues, mais une fois arrivée à destination, je la fais repartir en arrière. Je ne sais pas s’il s’agit d’une vraie cathédrale et de vraies rues, car elles sont petites et cela me fait plutôt penser à une maquette. Je la fais revenir en arrière pour la voir arriver de plus loin. Je crois que je fais cela parce que ça m’amuse, mais je n’en suis pas sûr.

Je suis à l’extérieur – en Allemagne, sans doute, mais peut-être pas – sur le bas côté d’une route. Il y a de la terre et de l’herbe desséché.

Je suis dans un garage. Oui, j’ai dû me déplacer en voiture et ma voiture est en panne. Je suis avec une femme, une femme qui est venue avec moi. Le détail m’échappe, mais il y a beaucoup de monde autour de nous et le garagiste nous invite à partager son déjeuner. Je crois que nous mangeons des moules frites. Après le repas, il y a toujours autant d’animation et j’attends la facture. Le garagiste me dit que ça va être long, mais je m’impatiente et le ton monte, un peu. J’ai un problème car je ne suis pas sûr d’avoir assez d’argent sur mon compte pour régler la facture. Mais j’ai un autre compte et je pense donc la payer avec deux cartes bancaires. Le problème est que je me souviens du code de la première mais pas de la seconde.

En attend, je vais me promener dans la ville qui doit se trouver à proximité. D’ailleurs, j’y suis déjà. Quelqu’un m’interpelle. Je tourne la tête sur ma gauche et j’aperçois une femme accoudée à une balustrade en pierre qui se trouve sous une arcade. Cette femme, je la connais depuis très longtemps et il y a très longtemps que je ne l’ai pas vue. Elle me demande de mes nouvelles et me propose un travail, ou elle me parle d’un travail partant du postula que je n’en n’ai pas, ce qui est vrai et faux. Elle me propose de venir chez elle et en cours de route elle me parle d’une connaissance commune – elle me dit son nom, mais je ne m’en souviens plus – qui est en train de mourir et qui voudrait trouver quelqu’un pour filmer sa mort, mais ce n’est pas facile. Je lui dit que le plus simple serait de ne pas filmer sa mort, ce qui réglerait le problème.

Au moment de monter les marches, je m’aperçois que je vais avoir un problème. Si leur hauteur est égale et régulière – enfin, je crois – la première marche est particulièrement étroite – quelques centimètres seulement – les autres s’élargissant au fur et à mesure un peu comme un éventail. Je pose mon pied non pas sur la première marche, ce qui est impossible, mais sur la quatrième ou sur la cinquième et tirant de toutes mes forces sur la rampe, que je saisis à deux mains, je parviens à monter.

Je suis dans un grand appartement dans lequel se trouvent deux personnes. Je me présente. Et je me retrouve avec plusieurs personnes, une dizaine peut-être, ou peut-être plus. La table est dressée pour le déjeuner. Sur la chaise sur laquelle on me propose de m’asseoir, il y a deux coussins très épais. Et je me demande comment je vais pouvoir m’y prendre. C’est beaucoup trop haut. Je dis, alors, que j’ai déjà mangé et que je vais juste grignoter quelque chose pour accompagner les autres convives.

Et je parle de mon retour, car il va falloir que je rentre chez moi. Mais comment ? Il y a un train, mais je dois me préoccuper d’acheter un billet. C’est alors que la femme qui était avec moi au garage me dit qu’il y a des trains régulièrement et que ça ne devrait pas poser un problème. Elle aussi doit rentrer et elle ne semble pas plus inquiète que ça.

La photo est issue de l’épisode 8 de la saison 3 de Twin Peaks.